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Guide délivrabilité

Vos emails finissent-ils en boîte de réception ou en spam ? Ce guide fait le point sur ce que les filtres des grands fournisseurs regardent réellement en 2026 — pas les idées reçues des années 2000 — puis détaille la configuration SPF, DKIM et DMARC avec les RFC à l'appui, et explique comment monter son propre serveur SMTP, sur VPS ou avec AWS SES. Chaque étape se vérifie avec le test antispam.

Sommaire

1. Contenu : ce que les filtres regardent vraiment 2. SPF, DKIM, DMARC, BIMI : l'authentification (RFC 7208, 6376, 8301, 7489) 3. Monter son serveur SMTP sur VPS (Postfix + OpenDKIM) 4. Monter son serveur SMTP avec AWS SES 5. La checklist « prêt à envoyer »

1. Contenu : ce que les filtres regardent vraiment

Première mise au point : la fameuse « liste de mots déclencheurs » (gratuit, urgent, gagner...) est un mythe datant des filtres à règles des années 2000. Depuis, les filtres de Gmail, Outlook et consorts sont des modèles de machine learning entraînés sur des milliards de messages. Un mot isolé ne déclenche plus rien : c'est l'ensemble des signaux qui compte.

Les vrais signaux pris en compte

Ce qui nuit réellement au placement

Les patterns résiduels « à l'ancienne » (MAJUSCULES, !!!, $$$, « 100 % gratuit », symboles monétaires dans l'objet) comptent encore, mais comme corrélation statistique, pas comme règle absolue.

Les règles d'or du contenu

List-Unsubscribe-Post: List-Unsubscribe=One-Click List-Unsubscribe: <https://votredomaine.com/desinscription>

L'URI doit être en HTTPS et répondre à un simple POST, sans navigation. Un lien visible dans le corps est requis, et les demandes doivent être honorées sous 48 h. Les liens mailto ou une simple page de préférences ne suffisent pas. Les messages transactionnels (confirmation de réservation, réinitialisation de mot de passe) sont exclus de l'exigence one-click.

La vérification factuelle : envoyez votre brouillon à une adresse jetable du test antispam. Le score et l'analyse IA (SPF, DKIM, DMARC, contenu, blacklists) vous disent exactement où vous en êtes — avant d'envoyer à vos vrais destinataires.

2. SPF, DKIM, DMARC, BIMI : l'authentification

Ces mécanismes prouvent au serveur de réception que votre email vient bien de vous. Ils sont vérifiés systématiquement, et Gmail les exige pour tout envoi de masse. Les RFC ci-dessous font foi — les chiffres cités en sont extraits.

2.1 SPF — RFC 7208

SPF publie, en TXT, la liste des IP autorisées à envoyer pour votre domaine. Mécanismes : ip4, ip6, a, mx, include, et le record se termine toujours par all.

v=spf1 include:_spf.google.com ~all # ex. envoi via Google Workspace v=spf1 ip4:91.134.23.122 -all # ex. serveur dédié

2.2 DKIM — RFC 6376 + RFC 8301

DKIM signe cryptographiquement certains en-têtes et le corps ; la clé publique est publiée en TXT sur sélecteur._domainkey.votredomaine.com.

mail._domainkey TXT "v=DKIM1; k=rsa; p=MIGfMA0GCSqGSIb3DQEBAQUAA4GNADCBiQKBgQC..."

2.3 DMARC — RFC 7489

DMARC, publié sur _dmarc.votredomaine.com, dit au récepteur quoi faire des messages qui échouent SPF/DKIM : none, quarantine ou reject.

_dmarc TXT "v=DMARC1; p=quarantine; rua=mailto:dmarc@votredomaine.com; adkim=r; aspf=r"

2.4 BIMI — à connaître, pas à brûler

BIMI affiche votre logo à côté de vos emails. Point de rigueur : c'est un Internet-Draft IETF (pas un RFC), et il n'améliore pas directement le placement — c'est un indicateur de confiance visuelle.

ConfigurationRésultat pour le récepteur
SPF + DKIM + DMARC alignés (reject)Confiance maximale
SPF seul, sans DKIMPartiel — risque de spam chez Gmail
Aucun des troisQuasi certainement en spam
Vérification en 10 secondes : envoyez un email à une adresse du test antispam — le rapport détaille SPF, DKIM et DMARC avec le verdict exact de chaque mécanisme et les corrections à appliquer.

3. Monter son serveur SMTP sur VPS (Postfix + OpenDKIM)

Un SMTP maison donne un contrôle total, mais l'infrastructure est exigeante : PTR, SPF/DKIM/DMARC, TLS, et un chauffage d'IP progressif. Sans cela, votre IP sera blacklistée en quelques jours.

Étape 1 — Installer

sudo apt install postfix opendkim opendkim-tools

opendkim-tools fournit opendkim-genkey — piège classique : « command not found » sans ce paquet.

Étape 2 — Configurer OpenDKIM

# /etc/opendkim.conf — les points qui changent tout : Mode sv # v = vérification seule par défaut ; sv active la signature Domain votredomaine.com RequireSafeKeys true # refuse de signer si la clé privée est lisible par d'autres Socket inet:8891@localhost # puis activer KeyTable, SigningTable, ExternalIgnoreList, InternalHosts

Étape 3 — Générer les clés

sudo mkdir -p /etc/opendkim/keys/votredomaine.com sudo opendkim-genkey -b 2048 -d votredomaine.com -D /etc/opendkim/keys/votredomaine.com -s mail sudo chown -R opendkim:opendkim /etc/opendkim/keys sudo chmod 600 /etc/opendkim/keys/votredomaine.com/mail.private

-b 2048 : conforme RFC 8301 et recommandation Google. Publiez ensuite la valeur du fichier mail.txt généré dans le record TXT mail._domainkey (découpée en plusieurs chaînes si > 255 caractères).

Étape 4 — Brancher Postfix

# /etc/postfix/main.cf : smtpd_milters = inet:127.0.0.1:8891 non_smtpd_milters = $smtpd_milters milter_default_action = accept # SigningTable : *@votredomaine.com mail._domainkey.votredomaine.com # KeyTable : mail._domainkey.votredomaine.com votredomaine.com:mail:/etc/opendkim/keys/votredomaine.com/mail.private
sudo systemctl restart opendkim postfix opendkim-testkey -d votredomaine.com -s mail -vvv # valide la publication DNS

Étape 5 — Le PTR, prérequis absolu

Google l'exige pour TOUS les expéditeurs : « The sending IP address must match the IP address of the hostname specified in the Pointer (PTR) record ». Le hostname doit aussi avoir un A/AAAA qui pointe vers la même IP (forward DNS). L'absence ou l'incohérence produit des erreurs 4.7.23/5.7.25 chez Gmail. Le PTR se configure dans le panneau de votre hébergeur (OVH, Hetzner, Scaleway...), pas dans votre DNS.

Étape 6 — TLS et port 25

Étape 7 — Chauffer et surveiller

Après chaque étape, envoyez un email de test à l'adresse jetable du test antispam : le rapport confirme SPF, DKIM, DMARC, blacklists et score SpamAssassin en temps réel.

4. Monter son serveur SMTP avec AWS SES

Amazon SES (Simple Email Service) délègue l'infrastructure : pas de serveur à maintenir, une réputation gérée par AWS, et un coût à l'envoi (0,10 $ pour 1 000 emails). Le revers : quotas à faire monter, identités à vérifier, et des règles strictes de consentement.

Étape 1 — Le sandbox, puis la production

Étape 2 — Vérifier le domaine

SES vous donne les enregistrements à publier chez votre registraire : 3 records DKIM (CNAME) gérés automatiquement, 1 MX (retours), 1 TXT SPF. Le SPF et le DKIM sont donc gérés pour vous — l'avantage majeur par rapport au VPS maison. Toutes les identités utilisées en From/Source/Sender/Return-Path doivent rester vérifiées, y compris en production.

Étape 3 — Les identifiants SMTP

Console SES → SMTP settings → Create SMTP credentials # génère un utilisateur IAM + un mot de passe SMTP dédié email-smtp.eu-west-3.amazonaws.com:587 # STARTTLS email-smtp.eu-west-3.amazonaws.com:465 # TLS implicite
# Exemple Python (smtplib) import smtplib from email.message import EmailMessage msg = EmailMessage() msg["From"] = "contact@votredomaine.com" msg["To"] = "client@exemple.com" msg["Subject"] = "Votre facture est disponible" msg.set_content("Bonjour, votre facture de septembre est en ligne.") with smtplib.SMTP("email-smtp.eu-west-3.amazonaws.com", 587) as s: s.starttls() s.login("VOTRE_UTILISATEUR_SMTP", "VOTRE_MDP_SMTP") s.send_message(msg)

Étape 4 — Quotas et bonnes pratiques

VPS ou AWS : le choix

VPS maison (Postfix)AWS SES
CoûtIP + VPS (fixe)0,10 $ / 1 000 emails
MaintenancePostfix, OpenDKIM, blacklists, PTRAucune (géré)
Réputation IPÀ construire vous-mêmeGérée par AWS
VolumeIllimitéQuotas à faire monter
Idéal pourVolume énorme, contrôle totalDémarrage rapide, faible maintenance

5. La checklist « prêt à envoyer »

  1. SPF publié, sous 10 lookups, terminant par ~all ou -all (RFC 7208).
  2. DKIM signé en rsa-sha256, clé ≥ 1024 bits (2048 recommandé), sélecteur publié et testable (RFC 6376 + 8301).
  3. DMARC publié avec rua=, p=none au minimum ; alignement SPF ou DKIM vérifié ; objectif p=quarantine puis p=reject (RFC 7489).
  4. PTR valide et cohérent avec le forward DNS (exigence Gmail pour tous).
  5. TLS forcé sur la transmission.
  6. Format RFC 5322 : Message-ID présent, en-têtes uniques, From simple.
  7. Désinscription one-click RFC 8058 pour tout marketing, honorée sous 48 h, lien visible dans le corps.
  8. Taux de plaintes < 0,1 % (Gmail), < 0,3 % (Yahoo) ; bounce < 2 % (hard < 1 %) ; nettoyage trimestriel des listes.
  9. Volume progressif : warmup IP + domaine sur 4-6 semaines en ciblant les engagés.
  10. Contenu simple : 60:40 texte/image max, liens peu nombreux et clairs, zéro pattern trompeur (Re:/Fwd: mensongers, contenu masqué).
  11. Surveillance : Postmaster Tools (Google), SNDS/JMRP (Microsoft), blacklists Spamhaus.
Dernière étape, toujours la même : envoyez un email de test et analysez-le avec le test antispam. Le score ne ment pas.
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